L’histoire de Suarez,
c’est l’histoire d’une rencontre. Eux sont trois,
malgaches, et musiciens world à l’origine ; lui est
belge et plutôt intéressé par la pop anglaise.
À quatre ils se sont rapprochés de ce genre musical
nouveau,
qu’aucun d’entre eux n’avait approché
jusque-là : la chanson française.
Enchevêtrement des influences de la musique malgache ou
noire américaine,
de la pop britannique et de la saudade capverdienne, leurs mélodies
sont intemporelles mais résolument dans l’air du
temps. Les musiques restent dans l’oreille,
enchantent la journée et trouvent pour les accompagner
quelques mots simples mais pas idiots.
Poète-troublion venu
du Nord, Dick Annegarn mène depuis le
début des années 70,
une carrière francophone sans compromis. Aux flonflons
du show-biz, il a longtemps préféré l’exil
volontaire et la liberté artistique.
Aujourd’hui, il n’a rien changé à ses
habitudes, à sa manière de chanter,
à son « fado des polders », ni à ses
préoccupations les plus taraudantes.
Après 35 ans de carrière et 17 albums, il a seulement
réussi à mieux asseoir
son inconfort pour en faire des confidences qui viendront réchauffer
le nôtre en temps voulu. Dick Annergarn a l’art et
la manière de nous sortir
des chansons un peu surréalistes, dans un pays imaginaire,
enfantin,
mais toujours en conservant des mots qui sonnent. Depuis toujours,
il trimballe cette voix reconnaissable entre toutes, une voix
mate et profonde quand il chante,
rieuse quand il parle. La musique est sans fioriture,
ça grattouille, ça frotte, mais ça joue admirablement
et
surtout cela nous touche par cette simplicité.